Physio ou Kin? - Visibilité de profession

Physio ou Kin? 

Visibilité de profession

Kathie Sharkey, OKA and Alexandre Paré, ACK VP Communications internes, Qc.

Démystifier les différences - Kathie Sharkey, OKA

Démystifier les différences entre physiothérapeutes et kinésiologues est un défi qui devrait être maîtrisé par tout kinésiologue dans notre profession. J'ai pratiqué la kinésiologie en Ontario pendant 20 ans (les 4 derniers en tant que kinésiologue enregistré), de sorte que mon expérience me permet de commenter la kinésiologie en Ontario. Il y a peut-être des différences entre provinces, mais je pense que les renseignements présentés sauront toujours être pertinents.

 
Une des différences les plus significatives entre kinésiologues et physiothérapeutes est que les physiothérapeutes sont en mesure de communiquer à un individu un diagnostic d'une maladie ou d'un trouble de santé.
 
Un kinésiologue peut expliquer comment le diagnostic du client peut influencer son mouvement et / ou sa performance. On peut vous demander de fournir à votre client des renseignements sur la maladie ou le trouble de santé. Tant que la maladie ou le trouble a déjà été communiqué par le praticien de diagnostic, il est permis de le faire.
 
Pendant la consultation avec un client, vous pouvez découvrir des signes ou des symptômes qui indiquent qu'il pourrait y avoir une maladie ou un trouble présent. Vous pouvez fournir des données à un praticien de diagnostic, de sorte qu'ils puissent arriver à un diagnostic définitif. Il sera de votre responsabilité de sensibiliser votre client à l'importance des signes ou symptômes et de suggérer l'action appropriée. Cela inclut également de le référer.
 
Un client peut demander vos services sans avoir de diagnostic. Ce que vous devez faire est d'effectuer une évaluation et de recueillir des informations pertinentes sur l'historique de la santé. Vous pouvez fournir un traitement tant que vous avez déterminé qu'il est sécuritaire de le faire. À ce stade, vous devez expliquer à votre client que vous avez fait une impression clinique et qu'il devrait consulter son médecin pour obtenir des informations supplémentaires. Continuez à noter l'évolution de tout changement dans l'état de votre client et d'alerter votre client à certains symptômes ou des signes avant-coureurs.
 
Souvent, les kinésiologues se retrouvent à travailler aux côtés des physiothérapeutes. Vous pourriez travailler dans le cadre d'une équipe de soins de santé ou votre rôle principal peut être un rôle de soutien. Dans un contexte multidisciplinaire, vous devriez vous efforcer de mettre le bien-être du client d'abord. Créer et maintenir un environnement de travail positif axé sur la collaboration et la discussion. Si vous travaillez dans un rôle de soutien, vous êtes toujours responsable du traitement que vous fournissez, même s'il est prescrit par un autre professionnel de la santé réglementé. Vous devez vous assurer que vous avez passé en revue l'évaluation d'un patient / client et vous pouvez confirmer si l'évaluation du praticien diagnostique est toujours valide. Vous devez toujours vérifier si la condition du client a changé et conserver des notes clairs et concis.
 
Les kinésiologues et les physiothérapeutes se complètent mutuellement. Dans ma pratique, je m'efforce de maintenir une relation positive et d'ouvrir le dialogue avec les physiothérapeutes pour fournir des soins optimaux à mes clients.
 
Les références

College of Kinesiologts of Ontario – Standards and Guidelines; Professional CollaborationArticle: Record keeping in support rolesInterpreting the Controlled Act of Communicating a DiagnosisScope of Practice, Controlled Acts and Delegation

Les différences dans la collaboration Alexandre Paré, ACK VP Communications internes, Qc.

Deux professions bien distinctes, mais partageant aussi des aires communes, peuvent entrainer, parfois, certaines confusions quant aux rôles de chaque professionnel.  En effet, la kinésiologie et la physiothérapie se sont rapprochées beaucoup depuis les dernières années.  Se faisant, il n’est pas rare de voir des physiothérapeutes structurer un programme d’exercices pour un patient ainsi que des kinésiologues, adapter un entrainement pour un client aux prises avec des douleurs articulaires ou posturales, par exemple. 

La question du rôle du kinésiologue, mais surtout du moment où il intervient dans un processus de réadaptation est très actuelle et s’accentuera très certainement au cours des années.

Il existe des différences interprovinciales, soutenues par des textes législatifs ou des ententes de collaboration, qui vont bien sûr moduler la réponse à cette question, mais tentons, succinctement, d’y apporter un éclairage général.

La figure-1 illustre le continuum des intervenants qui se succèdent tout au long d’une réadaptation de blessure sportive (la liste n’est pas exhaustive). C’est dans ce long continuum qu’un kinésiologue, spécialisé en performance sportive, partage le plus de zones communes avec les différents thérapeutes traitants.  On voit qu’une panoplie d’intervenants œuvrent auprès d’un sportif pour le ramener au niveau de la compétition sportive. 

La figure 2 suivante, quant à elle, divise la réadaptation en 7 étapes générales et identifie le moment où les compétences du kinésiologue seront préférentiellement requises.

La première étape qui est la prise en charge de la personne au moment de la blessure requiert une équipe médicale. S’en suivent alors 3 autres étapes où une douleur aiguë, de l’inflammation, de l’œdème et une restriction de mouvement seront perceptibles et requièrent la présence du physiothérapeute.   La diminution, et ultimement la disparition de la douleur traumatique, le retour à des amplitudes articulaires fonctionnelles et un contrôle moteur adéquat ouvre la porte au transfert du patient vers le kinésiologue.  Ce dernier utilisera l’activité physique au sens large pour améliorer les déterminants de la condition physique  grâce à un entrainement général, d’abord, puis spécifique ensuite.

Tant que la douleur aiguë et les autres manifestations de la blessure originale sont présentes, l’intervention du kinésiologue est peu requise pour ce problème spécifique. Son expertise sera par contre appréciée dans 2 facettes parallèles au traitement; l’élaboration d’un entrainement alternatif dans le but de maintenir les qualités physiques des structures non atteintes et l’amélioration de l’endurance au traitement.

À noter que ce concept de douleur aiguë limitant les interventions du kinésiologue ne s’applique pas aussi strictement avec la douleur chronique.  À ce titre, certains kinésiologues travaillent dans un contexte où leurs clients vivent avec des douleurs persistantes et stables depuis plusieurs années, dans ces cas les modalités d’exercices proposées sont tout à fait salutaires et améliorent grandement la qualité de vie des personnes.

Le respect des champs de compétence de chacun et le travail fait en interdisciplinarité assureront une prise en charge globale, progressive et sécuritaire  pour le patient.  Avec son jugement professionnel unique, la kinésiologue doit faire partie intégrante de ce nouveau Continuum Réadaptation-Performance  si bénéfique pour la personne blessée.

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